Collectivités locales

L’optimisation de la collecte des déchets en apport volontaire : une première étape de la « Smart City »

La collecte des déchets dans le Cité moderne révèle plusieurs problématiques aux objectifs contradictoires :
• la dynamique environnementale générale vise à réduire la fréquence de collecte,
• les exigences de service des usagers et de salubrité publique demandent au contraire une collecte plus fréquente,
• la politique publique de réduction des déchets ultimes impose la mise en place de collectes séparées des différents flux (Verre, Emballage, Papier/carton, Ordures ménagères, …)
•la facilité d’accès de l’usager aux contenants de collecte ne doit pas se traduire par la généralisation de poubelles souvent disgracieuses,
• la pression sur les coûts de fonctionnement impose une maîtrise transparente des processus.

La solution de l’apport volontaire, qui se généralise pour tous les types de déchets, y compris l’ordure ménagère apporte une première optimisation. Elle évite le passage systématique du camion devant chaque porte et fait naturellement contribuer le citoyen au système. La tendance est facilitée par l’implantation de conteneurs enterrés qui limitent l’impact visuel et optimisent l’espace urbain.

Mais le déploiement à grande échelle des conteneurs pour tous types de déchets a considérablement complexifié l’organisation de la collecte, au risque de créer l’effet contraire à celui attendu, si les conteneurs débordent ou s’ils sont collectés trop souvent.

Optimiser la logistique de collecte nécessite des outils adaptés
L’implication accrue du citoyen dans la collecte par apport volontaire doit être compensée par une réduction des nuisances, une meilleure maîtrise de la qualité de tri et une réduction relative de la dépense publique. Un outil pour l’optimisation de la collecte devient dès lors nécessaire. Il doit prendre en compte la globalité des paramètres tels que les contraintes de circulation, les rythmes des quartiers, les obligations réglementaires, et ne peut se traiter qu’au niveau d’une vaste chaine logistique déployée sur la ville entière.

Gérer des alarmes de débordement ne suffit pas. Lorsque le conteneur a débordé, il est déjà trop tard, et celui-ci doit immédiatement être collecté, ce qui casse toute dynamique d’optimisation.

La connaissance du remplissage de chaque déchet, et l’anticipation des débordements permettront d’optimiser à la fois la dotation en conteneurs (pour capter au mieux les apports) et la logistique (pour connaître les échéances des débordements). C’est bien une réflexion globale, en termes de flux de déchets qu’il faut mener. Cela implique que tous les conteneurs de la ville devront être gérés, pour comprendre comment fonctionne la Cité.

Il faut en même temps :
• anticiper les débordements, et supprimer la collecte de conteneurs au trois-quarts vides,
• identifier et renforcer les points d’apport critique et supprimer ceux qui ne servent à rien,
• optimiser les tournées des camions pour réduire leur kilométrage et leurs nuisances,
• réduire le nombre de levées des conteneurs pour les faire durer plus longtemps.

Le simple travail empirique, sur la base d’estimations au vidage ne suffit plus. Il faut des outils plus performants capables de suivre en temps réel le remplissage de tous les conteneurs. Ce n’est pas de détecteurs de débordement ponctuels dont la ville a besoin, mais d’une solution globale à dimension logistique, d’une « chaine de gestion des déchets ». Ce n’est qu’avec cette dimension supérieure que l’on réduira les coûts de la collecte tout en améliorant le service au citoyen. Ce qui ne pourra que crédibiliser encore plus l’orientation actuelle des politiques publiques.

Des outils « métiers » efficaces, piliers de la « Smart City »
La smart City ne se construira que sur de vraies et puissantes applications « métier » qui seront fédérées par un réseau de données mises à disposition des collectivités locales. Un réseau de données sans application n’a aucun intérêt. Elles se positionnent comme des acteurs incontournables de la ville de demain, et exposent ensemble au salon Lumiville /CapUrba à Lyon pour proposer deux piliers de la ville intelligente de demain.

 

Par François-Régis MEUGNIOT
Directeur d'activité chez BH Environnement

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