Collectivités locales

Plébiscités par une majorité de citoyens, les espaces verts conservent leur statut de symbole de la qualité de vie. Dans les villes, ils se multiplient sur les trottoirs, les murs, les toitures ou encore sous forme de coulées vertes, rendant les agglomérations plus attractives. Ils font aussi l’objet de pratiques de gestion plus respectueuses des équilibres écologiques.

 

Parc urbain, jardin de quartier, jardinet décoratif, jardinière de pleine terre ou hors-sol, plantation linéaire en accompagnement d’une infrastructure de circulation (douce ou pas), jardin vertical, toiture terrasse végétalisée… la notion d’« espace vert » s’est considérablement élargie. Toutes les villes présentent un patrimoine vert, plus ou moins important en fonction notamment du poids de l’histoire. Angers, Limoges et Brest sont les villes qui off rent le plus grand potentiel de verdure à leurs habitants. Elles se distinguent en particulier par leurs infrastructures vertes remarquables : à Angers, 300 hectares d’espaces verts en continu (parcs Saint-Nicolas, Balzac et Lac-de- Maine), à Limoges 700 hectares d’espaces naturels (boisement et prairie) et à Brest, la Rade du port et sa ceinture verte et bleue de plus de 4 000 hectares. En moyenne, les grandes villes françaises abritent 11 arbres par hectare (mais seulement 0,2 arbre par habitant…) et 31 m2 d’espaces verts par habitant.

 

Pour autant, la part du végétal dans nos territoires a régressé » estime Jean- Pierre Gueneau, président de Hortis, l’association française des directeurs de jardins et espaces verts publics. Selon lui, deux raisons expliquent ce phénomène. Le développement urbain et les activités humaines, d’une part, qui s’exercent au détriment des écosystèmes et en réduisant des milieux naturels ; le caractère fragmenté des opérations de création ou de renaturation d’autre part qui ne sont pas coordonnées et restent trop souvent ponctuelles. « Bien des villes ont développé largement la part du végétal, ainsi qu’en © Conseil départemental du Val-de-Marne DR Jean-Pierre Gueneau, président de Hortis. Parc départemental du Morbras (Val-de-Marne). 64 — nº 467 att estent le palmarès des villes vertes ou l’observatoire des villes vertes que l’UNEP a créé avec Hortis. Mais plus globalement sur les territoires, il y a bien régression et diminution inquiétante de la biodiversité » regrett e-t-il. Un bémol cependant, puisqu’en milieu strictement urbain, la place des espaces verts aurait plutôt tendance à se développer. Les infrastructures vertes sont devenues un véritable credo pour les métropoles qui multiplient les trames vertes et bleues et valorisent leurs berges. Angers, Lyon et Strasbourg sont les trois villes ayant la politique d’investissement en faveur des espaces verts la plus dynamique, avec respectivement 5 %, 2,6 % et 2,5 % du budget municipal global consacrés chaque année à la création et l’aménagement de nouveaux espaces paysagers. Certaines villes innovent pour créer du vert dans un contexte de forte densité urbaine : à Lille par exemple, la commune off re une prime à ses administrés qui optent pour une toiture végétale, tandis que Rennes favorise les murs végétaux. Mais c’est Marseille qui décroche la palme avec son programme de développement des toitures végétales. Plus d’1 hectare sont installés à ce jour. La capitale où les appels à projets se multiplient ne fait pas exception. Anne Hidalgo, maire de Paris, et Pénélope Komitès, adjointe à la maire en charge des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, se sont fi xé comme objectif de mandature de développer un nouveau modèle urbain qui « essaime la nature partout dans la ville ». La Ville de Paris a lancé, en juillet 2014, un appel à propositions inédit auprès des habitants, intitulé Du vert près de chez moi, pour qu’ils recensent les lieux susceptibles d’être végétalisés dans leur quartier. « La nature ne doit pas être réduite à nos parcs, à nos jardins et à nos bois. Elle a vocation à se développer dans l’espace public, au coeur des quartiers, parfois fortement minéralisés mais aussi sur les bâtiments. C’est le sens de cett e opération qui a rencontré un écho très favorable auprès des Parisiens », souligne Pénélope Komitès. Plus de 1 500 idées ont été adressées à la Ville de Paris. Chacune de ces contributions a fait l’objet d’un examen att entif, qui a permis de déterminer la faisabilité de 420 d’entre elles. 209 propositions ont été retenues au terme de cett e concertation : 81 lieux pour pots ou bacs à fl eurs, 53 murs végétalisés, 35 lieux pour plantations d’arbres et 20 jardinières pleine terre ont été mis en oeuvre cett e année. Un quart des projets de végétalisation feront l’objet d’un entretien participatif, qui permett ra d’associer pleinement les habitants. Cett e opération est « une réponse concrète, à notre échelle et de manière volontariste, aux enjeux de sauvegarde de la planète. En favorisant la préservation et le développement de la biodiversité au coin de la rue, nous contribuons quotidiennement aux défi s environnementaux », ajoute Pénélope Komitès. La végétalisation permet aussi « d’améliorer le cadre de vie, de renforcer le lien social, les mécanismes de solidarité et le vivre ensemble », se réjouit l’édile, qui rappelle que l’exécutif parisien va investir 267 millions d’euros d’ici 2020 pour les espaces verts, la nature et la biodiversité. 123 millions d’euros pour favoriser la biodiversité et la végétalisation de la ville, 124 millions d’euros pour l’entretien des bois, des parcs, des jardins et 12 millions d’euros pour les cimetières parisiens qui verront leurs conditions d’accueil améliorées. La nature investira la ville partout où cela est possible, notamment par la plantation de 20 000 arbres et la création de 30 hectares de nouveaux espaces verts, pour lesquels seront pensés de nouveaux usages avec l’évolution du règlement des parcs et jardins. L’Interprofession de l’horticulture, de la fl euristerie et du paysage soutient et applaudit ces initiatives : « Au-delà d’une prise de conscience de l’enjeu de la végétalisation pour la qualité de vie, les initiatives de cet ordre témoignent de la réelle volonté des citoyens et des décideurs publics de réintégrer la nature dans les espaces de vie et les habitudes. Les Parisiens ont compris que le végétal contribue à créer des espaces de partage, pour mieux-vivre ensemble » explique Michel Audouy, président délégué de Val’Hor.

Les espaces verts au service de l’environnement

Vecteur de lien social et de santé publique, climatiseur urbain face au réchauffement climatique, le végétal ne saurait se résumer à un atout uniquement esthétique, ce que les Français ont bien compris en le plaçant au coeur de ses préoccupations pour la ville de demain » affi rme Catherine Muller, présidente de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep). En effet, rappelle le président de Hortis, « à la notion de jardin public, lieu de promenade, de détente, de jeux… en rupture avec la ville s’ajoutent les questions de maillage vert, d’embellissement général, de gestion alternative des eaux pluviales, intégrant par conséquent des aspects sociaux (désenclavement), écologiques (corridors pour la biodiversité ordinaire), économique (att ractivité du territoire, valorisation foncière), technique (gestion de l’eau). Les espaces verts présentent ainsi un caractère multifonctionnel en off rant par le végétal des services écosystémiques aujourd’hui reconnus ». À moins de deux mois de la COP 21, il évoque tout d’abord les services de régulation environnementale avec naturellement le rôle des végétaux pour lutt er contre les pollutions atmosphériques et fi xer le CO2 mais également le rôle des espaces verts dans la régulation hydrique. « Les événements récents à Cannes démontrent si besoin était les eff ets terribles de l’imperméabilisation dans des zones très fortement urbanisées, en l’occurrence les collines où la pression foncière bat son plein. Certes l’intensité des pluies est exceptionnelle, mais on connaît très bien les méfaits d’une sur-densifi cation urbaine. En matière de régulation climatique enfi n, rappelons que les arbres peuvent baisser de deux degrés la température d’une rue » rappelle Jean-Pierre Gueneau. Il est manifeste que le rôle du végétal prend dès lors une acuité particulière.

… et de la qualité de vie

en évidence l’importance qu’accordent les citadins aux espaces verts, qui conditionnent aussi leur choix d’acquisition immobilière. « En matière d’approvisionnement, qui reste sans doute le service le moins prégnant, on peut constater toutefois le développement d’activités de production dans les jardins familiaux ou partagés » note le président d’Hortis. D’ici 2020, Paris comptera 100 hectares de toitures, façades et murs végétalisés. Un tiers sera consacré à la production de fruits et de légumes grâce aux 8 millions d’euros consacrés à l’agriculture urbaine. Ils favoriseront l’émergence d’un nouveau modèle économique, plus respectueux de l’environnement. « On est bien loin naturellement d’un niveau de production garantissant une autonomie alimentaire ou bien-même un mode qu’on pourrait souhaiter complémentaire au mode de production traditionnel dont on connait aujourd’hui largement les limites et les problèmes qu’il pose, mais on ne peut nier l’importance de ce phénomène qui dans certaines villes acquiert des proportions signifi catives ». Strasbourg par exemple, capitale française de la Biodiversité en 2014, avait choisi pour thème la ville nourricière. Il y a donc bien globalement en milieu urbain un rôle majeur et croissant du végétal qui a investi de nouveaux champs liés à la voirie, la gestion des eaux pluviales, le bâti sur des aspects énergétiques notamment. Mais cela ne suffi t pas. Pour Jean-Pierre Gueneau, « il faut se préoccuper de nouvelles dynamiques urbaines et périurbaines. À une échelle plus globale, le développement d’un maillage vert est indispensable pour maintenir une biodiversité ordinaire en coeur de ville ; la préservation de milieux naturels constitue un enjeu majeur ainsi que la restauration des milieux humides et des cours d’eau ». Un permis de végétaliser, délivré par la Ville de Paris, facilitera les démarches des Parisiens, les incitant à devenir jardiniers de l’espace public parisien et à végétaliser la capitale sous diverses formes : arbres fruitiers, murs, jardinières mobiles, keyholes, pieds d’arbre, potelets ou toute autre forme et support laissé à leur initiative et à leur créativité. Cette autorisation d’occupation du domaine public à titre gratuit portera sur une durée de 3 ans renouvelable tacitement. La Ville leur fournira un kit de plantation comprenant de la terre végétale ainsi que des graines. En retour, les « citoyens- jardiniers » signeront une charte de végétalisation, qui les engagera à utiliser des plantes locales et mellifères favorisant la biodiversité de Paris, à ne pas recourir à des pesticides et à veiller à l’esthétique et à l’entretien de leurs plantes et supports. « Avec ce permis, nous permett ons aux Parisiens de participer au changement de modèle urbain pour un Paris plus végétal, à l’embellissement et à l’amélioration du cadre de vie, au pied de leur domicile ou de leur travail. Au-delà de favoriser la nature et la biodiversité en ville, ce permis contribuera aussi à créer du lien social en renforçant les échanges avec les autres, notamment ses voisins », souligne l’adjointe en charge des espaces verts de la Ville de Paris.

Les espaces verts, une priorité pour les collectivités ?

Selon les derniers chiffres présentés en octobre 2015 par l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep), le secteur des espaces verts subit des coupes budgétaires, notamment sur les marchés publics. Le début d’année 2015 étant jugé préoccupant avec notamment une forte contraction des marchés publics liée à la baisse des dotations des collectivités locales. Ces derniers enregistrent une baisse record de – 6 % au 1er trimestre et – 4 % au 2e trimestre, par rapport à la même période de l’année précédente. Les attentes des citoyens en matière d’espaces verts semblent ne plus être entendues par les collectivités, obligées de réduire leurs dépenses. Pourtant, chaque espace vert urbain, en améliorant la qualité de vie des habitants, est un atout indéniable pour les municipalités. Cett e problématique budgétaire remonte maintenant à plusieurs années selon l’association française des directeurs de jardins et espaces verts publics. « On nous demande de faire plus avec moins ! On ne peut nier que face à de réelles contraintes, les services ont opéré dans un premier temps des adaptations, des mutations, des rationalisations, des optimisations. Puis il s’est agi de faire autrement, car faire plus avec moins, en budget tout comme en personnel, trouve rapidement des limites. Au-delà de ces limites, et nous y sommes actuellement, il peut s’agir de revoir les missions et les services rendus » affirme Jean-Pierre Gueneau, regrett ant que les investissements dans notre modèle de fonctionnement actuel soient bien souvent examinés à l’aune des bénéfi ces attendus. « En matière d’espaces verts et même si tout le monde s’accorde à souligner les bienfaits du végétal, ces bénéfices demeurent non quantifiés. Il est manifeste que dans un contexte budgétaire très tendu, d’autres missions et d’autres charges apparaîtront comme prioritaires : le social, les écoles, la voirie par exemple. Nous devons avancer sur cett e notion de bénéfice en arguant particulièrement, je crois, des questions de santé publique, au-delà de la seule question du bien-être qui demeure subjective. Il faut affi rmer que les espaces verts sont la source d’une meilleure santé pour les citadins, générant dès lors une économie pour la collectivité ». Il propose également de comparer les coûts afin d’éclairer les décideurs sur de possibles choix alternatifs : « En matière d’assainissement par exemple, il est manifeste que des noues végétales peuvent favorablement remplacer des réseaux classiques et onéreux de canalisations. Plusieurs collectivités toutefois, face à l’effet ciseau de charges qui augmentent et de recettes qui diminuent, auront évidemment du mal à maintenir un niveau d’investissement et de fonctionnement à la hauteur des besoins et des enjeux pour une ville verte ».

Vers une gestion plus écologique des espces verts

Selon l’UNEP, les deux enjeux les mieux intégrés pour une gestion plus écologique des espaces verts sont la formation du personnel à la réduction des pesticides et la gestion différenciée. Certaines collectivités vont plus loin et mettent en place des initiatives telles que le fauchage alternatif ou tardif, ou l’écopastoralisme qui revient en force. À partir du 1er janvier 2017, les collectivités territoriales n’auront plus le droit d’utiliser de produits phytosanitaires pour l’entretien de leurs espaces verts et de leurs voiries. « Les services espaces verts ont réduit l’usage des produits phytosanitaires depuis des années en procédant dans un premier temps à l’élimination des produits dont la matière active était la plus nocive. Certains ont tendu vers le zéro phyto, certains y sont parvenus avant que la loi ne l’impose. Il y a globalement des alternatives avec des procédés d’une part (mécaniques, thermiques) des produits d’autre part (bio contrôle) » confi rme Jean-Pierre Gueneau. Afi n d’accompagner les collectivités vers une gestion plus écologiques de leurs espaces verts, un programme d’accompagnement mis en place par l’association France Nature Environnement et baptisé Objectif zéro pesticide dans nos villes et villages leur est proposé. L’enjeu est crucial en raison du fort impact des pesticides sur la qualité des eaux. Selon l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, 150 pesticides sont retrouvés chaque année dans les eaux. Ces derniers sont à l’origine de la contamination de 58 nappes souterraines devenues impropres à la consommation

La réduction de l’utilisation des pesticides par les collectivités, les acteurs publics, les entreprises et les particuliers est un des objectifs du deuxième contrat de rivière Gier et affluents pour les communes de Saint-Étienne-métropole. 13 communes du territoire et 5 communes du syndicat du Gier rhôdanien (hors Saint-Étienne-Métropole), toutes situées sur le bassin versant du Gier, se sont engagées en signant la charte Objectif zéro pesticide dans nos villes et villages. Elles s’engagent ainsi à travailler à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires sur leurs voiries, parcs, espaces verts et terrains de sport. Ceci passe notamment par la réalisation d’un plan de désherbage communal, l’achat de matériel alternatif, la formation des agents ainsi que la sensibilisation de l’ensemble des administrés. L’animation régionale de la démarche est assurée par la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (FRA PNA) et la Fédération Régionale de défense contre les Organismes Nuisibles de Rhône-Alpes (FREDON). « La prise de conscience des risques liés à l’utilisation des pesticides a conduit les élus, sous l’impulsion de Saint-Étienne-Métropole, à la réalisation d’un plan d’action. Ainsi, grâce à l’utilisation de techniques préventives et alternatives et à l’aménagement d’espaces urbains adaptés à une gestion plus douce, les quantités de produits phytosanitaires seront fortement réduites » souligne Jean-François Barnier, vice-président de Saint-Étienne-Métropole en charge des contrats de rivière. « Nous apporterons conseils, outils, mais aussi fi nancements, pour la mise en oeuvre de cet engagement partagé. C’est parce que chacun utilise des pesticides au quotidien, que l’adhésion de tous est essentielle pour préserver la qualité de l’eau et donc la santé humaine » insiste quant à lui Luc François, conseiller communautaire délégué et président du comité de rivière Gier et affluents. Grâce aux contrats de rivière de Saint-Étienne-Métropole, 30 communes de l’agglomération stéphanoise (11 sur le Furan, 6 sur l’Ondaine et désormais 13 sur le Gier) sont signataires de la charte Objectif zéro pesticide dans nos villes et villages.

De nouvelles méthodes d’entretien

La conception et la gestion des espaces verts changent progressivement de paradigme. Les pelouses tondue de près, les espaces ornementaux, les massifs multicolores taillés au carré sont quelquefois délaissés au profi t de végétaux demandant moins d’entretien. Cultiver la biodiversité, l’entretenir et laisser la nature reprendre ses droits sont les nouveaux défis des entreprises du paysage qui, jusque-là, privilégiaient l’esthétique. C’est tout l’objectif du label ÉcoJardin, créé à l’initiative de neuf villes françaises avec d’autres maîtres d’ouvrages et partenaires techniques sous l’égide de Plante & Cité, qui vise à encourager en ville l’adoption de pratiques de gestion respectueuses de l’environnement. Ce label valorise le travail des jardiniers gestionnaires des espaces verts et sensibilise les usagers aux problématiques du développement durable ainsi qu’aux pratiques écologiques des espaces verts. Pour François Colson, secrétaire général d’ÉcoJardin, « le processus de labellisation est maintenant bien reconnu et valorisé par les acteurs les plus innovants dans le domaine de la gestion des espaces paysagers. Le nombre de sites labellisés devrait croitre dans les prochaines années. Pour respecter les nouvelles contraintes législatives sur l’arrêt des pesticides, les collectivités sont incitées à utiliser le label comme vecteur de changement de leurs pratiques et les entreprises prestataires à le proposer comme outil de contrôle de la qualité de leur travail ». Chaque année de nouveaux gestionnaires publics et privés se lancent dans la démarche. Le label est de plus en plus utilisé comme vecteur de changement des pratiques en vue, entre autres, de la suppression des pesticides d’ici fi n 2016. Toutefois, la mise en place de nouvelles pratiques d’entretien peut devenir une source de problèmes comme l’explique Jean-pierre Gueneau de Hortis : « Au plan des moyens, les collectivités engagées dans des techniques alternatives font globalement état d’un surcoût de fonctionnement significatif. Dans un contexte difficile, ce paramètre prend une acuité particulière. S’agissant des produits de biocontrôle, nous manquons parfois de recul quant à leurs effets. Enfin, les questions de plantes invasives, de plantes allergènes, de conservation patrimoniale demeurent problématiques quant au recours qu’on pourrait souhaiter à une petite trousse de secours. Il faut au-delà des questions du traitement travailler sur la notion de l’acceptation de ces herbes qui sont loin d’être indésirables ». Pour aider les collectivités à mieux intégrer la flore spontanée en ville, l’association Plante et Cité a publié un véritable manuel à l’usage des services des espaces verts. Avec les récentes évolutions réglementaires sur l’usage des pesticides en ville, c’est la question du désherbage, sujet d’actualité pour tous les gestionnaires, qui a été retenue. L’ouvrage intitulé Mieux intégrer la flore spontanée en ville, pour une approche écologique du désherbage propose une approche scientifique et technique pour une pratique écologique du désherbage. Il présente une synthèse de plusieurs années de travaux menés par Plante & Cité sur ces questions, notamment dans le cadre de programmes de recherche (Compamed ZNA, Acceptafl ore ou Ecojardin). De nombreux chapitres y développent notamment l’acceptation de la fl ore spontanée, la planifi cation de la gestion, les techniques préventives la réglementation et les bonnes pratiques de désherbage, avec les critères de choix des différentes techniques existantes et les questions budgétaires sous-jacentes.

Les professionnels accompagnent les collectivités

La fin programmée des produits phytosanitaires induit de nombreuses innovations. Du côté des professionnels, l’heure est aussi à l’écologie. Le fabricant Pellenc, qui se définit comme un pionnier dans l’intégration de technologies propres dans ses équipements électroportatifs, propose une offre écologique et économique pour répondre au besoin urgent des professionnels. Ainsi, le kit Zéro Phyto composé d’une bineuse-sarcleuse et d’une débroussailleuse offre aux professionnels une gamme complète d’outils en réponse aux nouvelles exigences réglementaires. « Les solutions Zéro Phyto actuellement proposées aux collectivités locales coûtent entre 6 et 40 fois plus cher, toutes méthodes confondues, que celles utilisées avant l’interdiction. Les solutions mécaniques sont chronophages et impliquent trois fois plus de personnels que les nôtres. Les solutions thermiques sont peu résilientes et bien plus onéreuses. Le tout pour un rendement plus faible par rapport à nos solutions. Légères et maniables, sans émission sonore ni de gaz à effet de serre, elles sont totalement adaptées au milieu urbain », explique Roger Pellenc, dirigeant de Pellenc SA. « De nouvelles tendances se mettent en place, liées notamment à l’interdiction prochaine des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts et aux normes concernant le bien-être des utilisateurs. Ces derniers sont sensibles à un environnement plus écologique, plus propre et demandent d’utiliser des produits qui répondent à ces exigences. Par conséquent, nos dernières gammes de produits suivent ces orientations » explique Anne-Élise Mercier, responsable des produits professionnels chez Bosch. Pour répondre à ces attentes, le fabricant a lancé en 2015 une gamme de matériels professionnels d’entretien des jardins entièrement électrique. « Ces produits sont très silencieux. Ils facilitent une utilisation dans les zones sensibles au bruit comme les écoles, les bureaux, les hôpitaux ou les maisons de retraites. Ils répondent aux contraintes environnementales puisque les moteurs n’utilisent ni charbon ni essence, ils sont entièrement électriques. Il n’émett ent pas d’odeur, d’où un meilleur confort d’utilisation pour les utilisateurs mais aussi pour les personnes qui fr équentent les espaces publics » selon Anne-Élise Mercier. le confort d’utilisation est amélioré grâce à la diminution des vibrations sur les matériels. Tous les produits de la gamme sont entièrement électriques et équipés d’un même système de batteries 36 V entièrement interchangeable. Elle précise également que « les utilisateurs professionnels ont besoin d’être autonomes, de pouvoir travailler par tous les temps. Nos matériels sont entièrement étanches et permett ent de travailler en extérieur par tous les temps ». Prochainement, le fabricant proposera une station de charge mobile pour les batteries. Une alternative aux groupes électrogènes. Si les produits électriques se révèlent plus chers à l’achat, ils ne requièrent pas d’entretien et ne consomment pas d’essence ; ils sont donc rentabilisés très rapidement rappelle Anne-Élise Mercier. Les espaces verts sont devenus un véritable axe stratégique de dynamisme et de promotion pour certaines villes, qui n’hésitent pas à organiser des festivals et multiplient les participations aux concours et manifestations nationales. À une échelle moindre, des fêtes de quartiers, trocs de plantes et autres « parcours verts » fleurissent aussi un peu partout.

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