Palmarès des villes les mieux gérées

View of a district of Boulogne Billancourt seen from the footbridge going to Seguin Island

À quelques mois des municipales, l’Ifrap a épluché les comptes de 80 villes. Verdict : entre dépenses, investissement, dette et impôts, l’équilibre budgétaire est un exercice des plus périlleux pour bon nombre de municipalités. Parmi les très bons élèves : Villeurbanne, Boulogne-Billancourt, Colombes et Colmar.

Pendant des mois, les experts de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, l’Ifrap, ont décortiqué les comptes des 80 plus grandes communes de France. L’objectif, à quelques semaines des élections municipales, qui se tiendront les 15 et 22 mars ? Regarder à la loupe leurs dépenses et leurs investissements pour mieux évaluer les niveaux de dette et d’impôts qui pèsent sur les populations. « Nous avons choisi des indicateurs simples qui permettent une comparaison financière entre les villes », explique Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation.

Après avoir additionné les budgets des communes et des intercommunalités principaux et annexes, qui prennent en compte les investissements, mais également les déficits, l’Ifrap a identifié les dépenses de fonctionnement, les investissements, le niveau d’endettement et la pression fiscale, en raisonnant par habitant et sur la période de 2014 à 2018.

« Ce palmarès des 80 premières villes de France [départements d’outre-mer compris, NDLR] de plus de 64 000 habitants, réparties en quatre classements [Très Grandes Villes, Grandes Villes, Villes Moyennes et Petites Villes, cf. tableaux ci-contre], définis selon le nombre d’habitants, évalue l’action des maires au début et à la fi n de leur mandat, sur des critères purement financiers », décrypte Agnès Verdier-Molinié. Et de poursuivre : « Ce classement répond, en cette période d’élection municipale, à la question qui fâche : quelles sont les villes les mieux gérées. » Car tous les économistes confirment que la dette est un bon indicateur de gestion de la ville.

« Ces classements nous réservent de bonnes, mais également de mauvaises surprises. Quoi qu’il en soit, on constate que les villes très bien gérées ne sont pas forcément les plus médiatisées. » Verdict ? Dans la catégorie Petites Villes, c’est Colmar (15,5/20) qui affiche la meilleure gestion. « La commune de la région Grand Est parvient à maintenir une dette par habitant assez faible, alors qu’elle réussit, en parallèle, à maintenir un niveau d’investissement assez élevé », explique Agnès Verdier- Molinié. Cette recette du succès s’applique aussi pour Villeurbanne (13,2/20), Boulogne-Billancourt (14,4/20) et Colombes (13,8/20), qui trustent les premières places des autres catégories, car tout l’enjeu des maires est de baisser les dépenses de fonctionnement pour garantir une meilleure capacité d’investissement. Et « l’étiquette politique n’est pas un indicateur de bonne ou mauvaise gestion », à en croire Agnès Verdier-Molinié.

LES LANTERNES ROUGES

« À l’inverse, le palmarès identifie les villes qui n’ont pas réussi à trouver un équilibre financier. La ville de Nice, avec une note de 8,1/20, investit peu (735 € par habitant) par rapport à son niveau de dette par habitant (4 133 €) », fait remarquer la directrice du think tank. Tours, dernière du classement des villes de moins de 150 000 habitants, est dans une situation comparable avec une note de 8,5/20. Et pour cause, la dette atteint 2 880 € par habitant pour un niveau d’investissement très préoccupant de 410 € par administré. Même constat à Fort-de-France : avec une note de 6,1/20, la ville moyenne investit quasiment plus (346 € par habitant) et fait porter une dette pharaonique à ses habitants (3 241 € par habitant). Pour les petites villes, c’est La Seyne-sur-Mer, dans le Var, qui arrive en queue de peloton avec une note de 7,2/20. Pointé du doigt ? Ses dépenses de fonctionnement de 2 043 € par administré, dont 1 097 € en dépenses de personnels.

Quant à Paris, ville bien entendu hors norme, elle arrive à la 17e place des villes de plus de 150 000 habitants avec une note de 9,3/20, en recul par rapport à 2014. Le gros point faible de la capitale : ses dépenses de fonctionnement qui s’élèvent à 2 023  par habitant, dont la moitié en dépenses de personnel pour une dette de 3 055 € par Parisien ! 

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