Clotilde Ripoull, présidente de l’AELO* : « Lorsqu’on arrive à une réunion de commission, les décisions ont déjà été prises»

Les élus locaux d’opposition siègent dans tous les conseils de la République. Qu’ils soient conseillers municipaux, communautaires, métropolitains, départementaux, ou régionaux, ils ont, comme leurs collègues de la majorité, le pouvoir de délibérer et disposent en principe des moyens matériels nécessaires à l’exercice de leur mandat. Ce sont des minorités locales qui constituent au niveau national une communauté très importante.

Les élus locaux d’opposition ont un rôle de proposition, de contrôle et de contre-pouvoir indispensable à l’exercice démocratique Au niveau de la commune cependant on constate qu’ils rencontrent fréquemment des difficultés à se faire entendre et à exercer leur mandat dans de bonnes conditions. Or sans faire partie de la majorité locale, il reste que ces élus correspondent au choix de millions d’électeurs. Ils représentent ou doivent représenter une réelle force de proposition.

Afin de faciliter l’exercice de leur mandat au niveau municipal, les élus de l’opposition disposent de droits, droits renforcés par la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, puis étendus par la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales, et enfin par la loi Engagement et Proximité de 2019. Au-delà des lois, certains droits importants leur ont de plus été conférés par la jurisprudence.

Il s’agit de droits d’information et d’expression sur tout ce qui touche aux affaires traitées dans les assemblées délibératives des collectivités territoriales.

Pour autant, si les droits existent, leur application demande une vigilance constante. De façon générale, les élus locaux d‘opposition ont du mal à se faire entendre au sein du conseil municipal. Il faut sans cesse veiller à ce que les avancées obtenues par les différentes lois et jurisprudences restent effectives.

Cette mission de défense des élus locaux d’opposition se concrétise par le partage d’expériences, des conseils et de la formation. L’association accompagne également l’action de ces élus en les promouvant, en leur apportant son appui et en défendant leur statut au niveau local et national. Pour accompagner l’efficacité de leur action, l’AELO informe les élus d’opposition de leurs droits, leur propose un panel de formations utiles voire indispensables, les représentent et militent pour le respect de leurs prises de parole et initiatives.

 

L’Association des Elus Locaux d’Opposition* (AELO) représente tous les élus minoritaires dans les collectivités locales, communes, intercommunalités, départements et régions. Fondée en 2010 par Clotilde Ripoull qui en est la présidente, elle comprend moins de 10 000 adhérents, soit 10 % des élus d’opposition. Elle est la seule association indépendante de tous qui réunit des élus et anciens élus de tous bords partis politiques. Elle porte la volonté de donner à ceux-ci, et en particulier au niveau municipal, les moyens de remplir véritablement leurs rôles au-delà d’une nomination trop souvent cantonnée à une représentativité formelle et mal prise en compte

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