La restauration collective, un levier pour les territoires si on lui en donne les moyens.

Parce qu’elle nourrit chaque jour 10 millions de personnes dans les établissements scolaires, Ehpad, hôpitaux, restaurants du personnel, universités, foyers …. la restauration collective a une mission de santé publique. Son rôle premier est de donner accès à tous à un repas de qualité. Au printemps dernier, la fermeture des écoles a révélé la terrible réalité : la cantine est, pour certains enfants, le seul repas de la journée. 8 millions de personnes auront probablement recourt à l’aide alimentaire cette année, pour 5,5 millions en 2017. Une inégalité sociale qui risque de provoquer l’augmentation des maladies liées à la malnutrition. C’est pourquoi la qualité des repas servis doit être une priorité pour les collectivités locales.

La restauration collective est aussi un marché de 7 milliards d’euros d’achats alimentaires chaque année. Par ce volume et la pérennité de ses engagements, la restauration collective peut être un levier pour les producteurs et transformateurs des territoires engagés dans la transition agro-écologique. Une évolution nécessaire que Restau’co accompagne depuis 2011 avec la démarche Mon Restau Responsable®, visant à conduire les collectivités dans une démarche de progrès pour une restauration respectueuse des hommes et de l’environnement.

En 2019, la loi Egalim acte du levier important qu’est la restauration collective pour la montée en gamme de l’agriculture et inscrit des objectifs ambitieux pour les collectivités dont l’atteinte de 50% d’achats de qualité et durables d’ici à 2022. Une vision de la restauration collective que nous partageons chez.Les restaurants que nous avons accompagnés nous montrent que cela est possible encore faut-il leur donner les moyens.

C’est en ce sens que nous portons depuis un an un plaidoyer pour une prime à l’investissement et la formation de la restauration collective. La transition de notre secteur ne pourra se faire qu’en accompagnant le changement de pratiques des 300 000 salariés. Il s’agit de quelques jours d’accompagnement par établissement mais un investissement encore hors de portée de beaucoup de services de restauration, évalué à 33 cts d’euros par repas servis.

Le plan de relance prévoit une aide de 50 millions d’euros pour les petites cantines, nous nous en félicitons et sommes prêts à accompagner les collectivités par la mise à disposition de nos outils pour qu’aucun territoire ne soit oublié dans cette transition si importante. Néanmoins cette aide dédiée aux communes est insuffisante pour aider les 80 000 lieux de restauration en particulier les Ehpad, hôpitaux, associations souvent démunies face aux nombreuses nouvelles réglementations.

La restauration collective porte l’ensemble des préoccupations citoyennes, accordons lui la place qu’elle mérite.

Sylvie DAURIAT, Présidente de Restau’co et directrice de la caisse des Ecole de Paris 17e

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