« Mettre en oeuvre un projet de territoire »

À l’issue cette crise sanitaire, dont nous sortons progressivement, François Mengin Lecreulx, nouveau DGS de la ville et de la communauté urbaine de Reims (Marne) entend trouver de nouveaux équilibres dans l’organisation interne de la collectivité pour mener à bien les nouvelles missions qui l’attendent.

RCL : Vous êtes directeur général des services pour la ville et la communauté urbaine de Reims depuis le 1er février 2021, quelle est votre feuille de route ?

François Mengin Lecreulx : Après la construction de lacommunauté urbaine qui a marqué le mandat précédent, l’enjeu se situe aujourd’hui dans « le projet » : celui de l’aménagement économique, de l’attractivité, du développement durable et des questions de mobilité alternative sur ce territoire qui regroupe 143 communes, avec un coeur urbain très dense représenté par la ville de Reims, et une frange rurale tout aussi importante. Au-delà de la responsabilité propre à la gestion de l’administration qui est évidemment le coeur du métier de DGS, ma mission sera d’accompagner l’émergence de filières nouvelles de développement autour de secteurs comme la bio-économie et la robotique ou encore la santé, mais aussi de développer une stratégie d’attractivité du territoire. Reims se situe à une heure de Paris, c’est un atout formidable, mais il n’est pas aujourd’hui suffisant. Reims doit construire un positionnement marketing autonome avec la création d’une identité de marque et la mise en place d’une stratégie d’attractivité résidentielle, touristique et à destination des étudiants. Vous avez exercé au sein de toutes les strates de collectivités.

Que retenez-vous de ces expériences ?

F.M.L. : J’ai effectivement exercé en région, à l’échelle départementale, communale et intercommunale. J’ai cependant un attachement particulier pour le bloc communal, le seul à mon sens, à pouvoir offrir une conciliation aussi étroite de la réponse aux besoins immédiats des populations et des stratégies urbaines au temps long. Le bloc communal a ses exigences particulières, bien sûr, mais il est gratifiant de constater l’effet concret de son travail. Avec des sujets stratégiques sur le moyen-long terme qui sont parfois lourds, qui appellent des ressorts juridiques et financiers parfois complexes, de la quotidienneté et de la stratégie. Cette intensité du travail avec les élus, que j’apprécie, n’existe qu’à l’échelle communale et intercommunale.

Quelle est votre vision du management dans une collectivité ?

F.M.L. : Le directeur général assure la coordination entre les différents services qui travaillent avec leurs élus de référence pour porter les arbitrages auprès de l’exécutif. Il est en première ligne dans cette fonction d’impulsion forte sur les grands chantiers transversaux des collectivités, notamment quand ils ont une traduction financière, institutionnelle et juridique assez lourde. Il y a enfin cette dimension très humaine et inclusive du métier qui consiste à emmener un collectif, dont vous avez la responsabilité, au service des projets, tout en permettant à chacun de trouver sa place. Beaucoup d’énergie et de psychologie sont nécessaires dans la relation avec les uns et les autres, mais c’est une facette extrêmement intéressante du métier.

Quel regard portez-vous sur la crise sanitaire ?

F.M.L. : Elle présente cette double vertu de nous avoir libérés de certains préjugés organisationnels et d’avoir rendu les rapports au travail plus souples tout en identifiant clairement des limites qui n’étaient pas perçues par tous. Tandis que nous avons déployé le télétravail avec efficacité, là où quelquefois on ne l’attendait pas, nous avons également découvert un certain nombre de limites en termes d’isolement, d’intrusion du travail qui ont causé, quelquefois, des difficultés personnelles et managériales. À l’issue de cette crise, il y aura probablement un nouvel équilibre à trouver dans nos organisations internes, dans la façon d’aborder le recours aux outils numériques ainsi que le travail à distance. J’envisage d’organiser un séminaire avec l’ensemble des directeurs à la rentrée, pour voir quelles conséquences remontent de cette crise et quelles nouvelles approches managériales nous devrons sans doute installer.

Propos recueillis par Blandine

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