“Nous ne pouvons pas ignorer la crise sanitaire que nous venons de traverser”

Après une année blanche, le congrès national des directeurs généraux des collectivités locales se tiendra à Metz les 14, 15 et 16 octobre. Décryptage de cette édition particulière avec Patrick Rémy, DGS honoraire de Cornebarrieu (Haute-Garonne) et vice-président national du Syndicat National des Directeurs Généraux des Collectivités Territoriales (SNDGCT).

Quel sera le thème principal de cette édition post-Covid ?

Patrick Rémy : Nous ne pouvons pas ignorer la crise sanitaire que nous ve­nons de traverser. Cependant, nous de­vons tourner nos regards vers l’avenir tout en tirant des leçons de cette période. « Urgences, mutations de l’action pu­blique » sera le fil rouge de notre congrès, l’idée étant, de nous pencher à travers les thèmes des ateliers, les plénières et les tables-rondes, sur cette crise qui nous a amenés à faire des choses que nous n’avions jamais faites en termes de ma­nagement, d’organisation du travail, etc.

Pour la première fois, le congrès accueil­lera des sociologues qui poseront leur regard sur notre époque…

P.R.: En effet. À partir d’une étude réa­lisée par le sociologue Jérôme Grolleau, nous décrypterons les changements in­tervenus dans les métiers de DGS, DGA et des cadres territoriaux en situation de responsabilité. Nous poserons la ques­tion de l’évolution du métier car on le voit bien, l’action publique bouge. On ne peut plus exercer la fonction de DGS ou de cadre dirigeant de la même manière qu’il y a cinq ans. Nous proposerons également, autour du thème « le monde en mutation », le regard scientifique de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury sur les changements survenus dans la société à laquelle nous appar­tenons. L’autre grand sujet du congrès « l’action publique en mutations : en­semble » portera sur nos métiers et nos actions, sur la place de la collectivité qui change et qui bouge au sein de la société.

L’accompagnement des DGS en difficulté dans leur parcours est une action forte du syndicat. Le sujet sera-t-il abordé à l’occasion du congrès ?

P.R.: Des rendez-vous avec des avocats seront possibles pour les DGS confrontés à des difficultés professionnelles et dont la situation requiert des conseils juri­diques. Ils pourront aussi questionner à propos de leur retraite les agents de la Caisse nationale de retraite des collecti­vités locales qui seront présents. Des ca­binets de recrutement partageront leur expertise de l’emploi dans les collectivités locales. L’aide à la mobilité des déchargés de fonc­tion est notamment une ques­tion que le syndicat suit très at­tentivement. Nous proposerons aussi, et c’est une nouveauté, une formation sur la négocia­tion destinée à nos collègues en charge de la médiation et qui accompagnent régulièrement des DGS en difficultés dans leur carrière.

 Le congrès accordera une place impor­tante au secteur privé…

P.R.: Le secteur privé sera fortement as­socié à cet événement. Ce sera l’occasion de confronter les expériences entre nos organisations publiques avec la manière dont fonctionnent les entreprises pri­vées, afin d’identifier les complémentari­tés qui se jouent dans un certain nombre de domaines. Des représentants de nos partenaires privés partageront leur ex­périence de leurs relations avec les col­lectivités dans nos ateliers.

Le syndicat s’est récemment ouvert à l’international. Où en sont les relations avec vos homologues étrangers ?

P.R.: Les échanges d’informations ain­si que les partages d’expériences se poursuivent contribuant à faire évoluer notre fonction de DGS. Dans le prolon­gement de notre manifestation, nous accueillerons le congrès de l’UDITE, l’Union des dirigeants territoriaux eu­ropéens, dont la France assurera la présidence en 2022. Le futur président français sera élu à cette occasion.

Propos recueillis par Blandine Klaas

 

 

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