Crise sanitaire : 155.000 € de surcoût en moyenne par département pour l’hygiène et l’entretien

Si la crise sanitaire a eu des impacts sur le fonctionnement des collèges, dont les départements ont la charge, elle a également occasionné de nombreux surcoûts pour les conseils départementaux, selon l’enquête menée par le groupe de travail « Collèges de demain » de l’ADF, présidé par Valérie Simonet, Présidente du Département de la Creuse.

48 départements, soit presque un département sur deux ont répondu à l’enquête réalisée depuis le 25 février 2020 jusqu’au 10 février 2021 pour le compte de l’Assemblée des départements de France sur les conséquences de la crise sanitaire.70% de l’échantillon est composé de Département à dominante rurale – soit une représentation dans les mêmes proportions que la composition des territoires au niveau national.

Un surcoût de 155.000 € pour la fourniture de consommables d’hygiène

Avec la crise sanitaire, tous les départements ont doté en masques les personnels départementaux dans les collèges. Pour les 3/4 des Départements participants, la solution adoptée est celle d’utiliser des masques lavables et jetables. « Le coût de cet équipement nouveau est variable en fonction du nombre de personnel des Départements avec des dépenses qui oscillent entre 7 500 € et 400 000 € » indique l’étude, avec une moyenne, située à 82 145 €, est beaucoup plus importante que la dépense médiane des Départements correspondant à 63 153 €. Allant au-delà de leur compétence obligatoire, 80 % des Départements participants à l’étude ont doté directement en masques les collégiens ou proposé des aides aux familles pour cette dotation. Le coût de la dotation en masques des élèves représente, en moyenne 157 876 € par Département. Ces dépenses oscillent de 10 592 € à 834 000 €. Le coût moyen par élève est estimé à 6,01 euros. Le surcoût global lié à la fourniture de consommables d’hygiène hors masque est évalué en moyenne à 155 220 € par Département. La dépense est estimée à 7 425€ par établissement.

362.000 € supplémentaires pour le renforcement des personnels départementaux

Lors de la reprise de l’école du 11 mai 2020, la plupart des collèges ont été confrontés à des difficultés d’absentéisme des personnels. Dans la majorité des Départements, 25 sur les 45 ayant répondu à la question, ce taux d’absence ne dépasse pas toutefois les 15% des effectifs. Ce chiffre cache de profondes différences entre les Départements, en fonction du nombre de personnels employés. Pour 18 Départements, ce taux se situe entre 16 et 30% du personnel. 2 Départements (Rhône et Yonne) déclarent avoir été confrontés à des problèmes d’absentéisme de l’ordre de 30 à 50% des effectifs.

Pour la moitié des Départements sondés, la majorité des absences est liée à la vulnérabilité des personnels, selon la définition des Agences Régionales de Santé. Pour 25 d’entre eux, le problème réside dans les difficultés de garde d’enfant. Enfin, 20 Départements, déclarent la maladie comme cause de l’absentéisme des personnels.

Pour pallier l’absence des personnes, les Départements ont eu recours aux remplacements et / ou nouvelles embauches de manière importante. 20,8 %

Au total, 37 Départements sur les 48 ont augmenté leurs recrutements lors de la crise sanitaire. Le coût total de ce recrutement est estimé à 362 182 euros en moyenne par Département. Ainsi, Le Département du Calvados a eu recours aux associations d’insertion pour le recrutement de contractuels tandis que la Collectivité Européenne d’Alsace a sollicité directement les services de restaurations locaux, au titre de l’état d’urgence sanitaire. Ces restaurateurs ont pu remplacer des équipes de cuisine en sous effectifs.

Des impacts sur les équipements numériques et la restauration

L’étude révèle aussi qu’afin d’assurer une continuité pédagogique des élèves pendant la période de fermeture des établissements scolaires, seuls 7 Départements sur les 48 de l’échantillon ont eu besoin de passer des commandes supplémentaires en outils informatiques destinés à doter les élèves de tablettes, ordinateurs portables et ordinateurs fixes. En revanche, La moitié des Départements déclarent être intervenus sur les équipements permettant l’accès à un Environnement Numérique de Travail (ENT) pendant la période couverte par l’enquête.

Interrogés sur le maintien du service de restauration durant la période de réouverture des écoles, les deux tiers des répondants déclarent avoir assuré un service de restauration complet dans tous les collèges. Le dernier tiers indique avoir assuré un service partiel. A partir de la rentrée scolaire de septembre 2021, tous les élèves étaient reçus dans les collèges. Les Départements ont veillé à garantir le respect strict des protocoles sanitaires, ce qui a considérablement bouleversé le fonctionnement du service de restauration scolaire. Pour respecter les protocoles sanitaires, 65% des Départements répondants ont organisé 1 à 2 services supplémentaires chaque midi (30 Départements), contre 32% n’en ayant pas eu besoin (15 Départements). Le Département de la Somme déclare avoir dû mettre en place plus de 3 services supplémentaires. Tous les Départements ont mis en place un système de gestion des flux d’entrée pour s’assurer de la correcte désinfection au gel hydroalcoolique des convives. Par ailleurs, le contexte particulier a justifié pour un peu plus de la moitié des Départements de l’échantillon (25 Départements) de mettre en place des remises ou exonérations des frais des repas spécifiques pour les élèves demi-pensionnaires absents en raison de la crise du Covid-19. Pour les Départements facturant « au repas », les délais de carence ont généralement été supprimés ou assouplis.

 

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