Action cœur de ville, un bilan encourageant, à mi-parcours

Le programme Action Cœur de Ville lancé en 2018 pour redynamiser les villes moyennes a terminé l’année 2020 avec 2,1 milliards d’euros d’engagements financiers. Un bilan très encourageant, à mi-parcours du programme, illustré dans un rapport intitulé « Action cœur de ville, pour la relance territoriale et écologique » que vient de publier le ministère de la Cohésion des Territoires.

« À chaque page de ce bilan à mi-parcours d’Action cœur de ville, à travers les dizaines de projets mis en valeur, on mesure l’attractivité retrouvée de ces villes » se félicite Jacqueline Gourault ministre de la Cohésion des territoires, qui signe la préface du rapport. Ce programme a été lancé fin 2017, alors que les politiques publiques pendant des décennies ont contribué à éloigner de plus en plus les habitants des centres-villes et des villes principales, des services, des commerces, des activités, dans un mouvement d’étalement urbain et d’artificialisation des sols et aussi d’anarchie commerciale périphérique. Contribuant à rendre les villes moyennes – les mêmes qui furent également touchées par la désindustrialisation – complètement invisibles au regard des politiques publiques. « Il fallait stopper ce mouvement où de manière subie, parfois un peu complice, on laissait se dépérir l’ensemble des centres-villes, explique Rollon Mouchel-Blaisot, préfet, directeur du programme Action cœur de ville. En quelques années, Action coeur de ville a contribué à faire en sorte que ces villes moyennes qui jouent un rôle irremplaçable de centralité deviennent une chance pour le développement économique et social ».

Une approche globale et transversale

Illustrations à l’appui, le rapport souligne le caractère transversal du programme, la diversité de l’offre financière à disposition des villes et la méthode locale efficace de son déploiement. « Nos politiques publiques ont souvent échoué parce qu’elles sont descendantes et verticales, relève le directeur du programme. On ne peut pas traiter le logement si on ne traite pas simultanément les commerces, la mobilité, l’implantation des services, l’activité économique, la participation citoyenne et la transition écologique ». Au-delà de cette transversalité, ce sont les maires avec leurs équipes qui élaborent leurs projets Cœur de ville. « Notre travail consiste à mettre en place le financement, les procédures, l’ingénierie, les mesures législatives et fiscales qui vont permettre à ces villes de mener leurs projets » ajoute le préfet. Une petite révolution en termes de méthode.

De nouveaux outils et partenariats

Depuis sa mise en œuvre, le programme s’est s’enrichi de nouveaux outils législatifs à l’image des ORT. « Aujourd’hui les ORT (opération de mobilisation territoire) issus de la loi ELAN donnent aux élus et aux préfets le pouvoir de suspendre des nouveaux projets qui menaceraient l’équilibre de l’opération de revitalisation commerciale en ville » détaille Rollon Mouchel-Blaisot. Le fonds friches doté de 300 M€ permet quant à lui la prise en compte du déficit d’opération dans les projets urbains, un des enjeux majeurs pour les collectivités bénéficiaires du programme. Et grâce à de nouveaux partenariats nationaux venus étoffer le programme, ce sont autant de nouvelles opportunités pour les villes d’adapter leurs actions en s’appuyant sur de nouvelles expertises et financements propres. C’est le cas par exemple de l’activité physique dans la ville (Héritage Paris 2024), la transition énergétique des bâtiments publics (ENEDIS) ou encore la formation professionnelle de proximité (CNAM). Comme le montre le rapport dans sa dernière partie, Action coeur de ville c’est aussi un réseau, une communauté apprenante de maires, d’élus locaux, et de professionnels de l’urbain sur la revitalisation des territoires.

Avec la crise sanitaire, les villes moyennes, des villes à taille humaine qui misent beaucoup sur la qualité de vie, ont regagné en attractivité, un paradigme nouveau qui les oblige à répondre à de nouvelles attentes en matière de logement, de mobilité, de services et d’infrastructures. 2021 sera donc une année décisive pour le programme qui verra l’accélération et l’amplification de son déploiement pour contribuer à la Relance territoriale et à la transition écologique.

 

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