Le numérique, un des axes majeurs du programme « Petites villes de demain »

Pour Caroline Cayeux, maire de Beauvais dans l’Oise, présidente de la Fédération des villes de France et à la tête de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), le programme « Petites villes de demain » traduit bien l’ADN de l’Agence : celui d’accompagner les projets des collectivités territoriales dans une logique « cousu main selon leur stratégie et leurs besoins ». Rencontre.

RCL : Rappelez-nous quelles sont les ambitions du programme « Petites villes de demain ». Comment s’articule-t-il ? Comment se met-il en place ? Qui en sont les bénéficiaires ?

Caroline Cayeux : Lancé le 1er octobre dernier par Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, « Petites villes de demain » est le premier programme créé et développé par l’ANCT elle-même. Je rappelle que l’ANCT est une structure qui accompagne les collectivités et les élus locaux dans la réalisation de leurs projets de territoire, en leur apportant toute l’aide et le soutien dont ils peuvent avoir besoin. C’est un engagement fort du président de la République, que Jacqueline Gourault a eu à coeur de concrétiser il y a plus d’un an, et qui permet de regrouper au sein d’une seule et même entité, de manière rationnelle et surtout efficace, des politiques ambitieuses d’aménagement du territoire. « Petites villes de demain » apporte des réponses concrètes pour les plus petites centralités et donne aux maires les moyens de réussir leurs projets. Il associe étroitement les régions et les départements, engagés de longue date dans la redynamisation des centres-bourgs. Ce programme rassemble également des financeurs résolument engagés aux côtés de l’ANCT, comme la Banque des territoires, l’ADEME, l’Anah et le Cerema.

Aujourd’hui, c’est 1 624 communes de moins de 20 000 habitants, correspondant à 30 % de la population avec leurs groupements, qui seront accompagnées dans le cadre de « Petites villes de demain » pour une durée de six ans. S’inscrivant pleinement dans le cadre du plan de relance, ces communes pourront bénéficier des crédits dédiés autour de trois axes : l’écologie, l’attractivité économique et la cohésion sociale.

Dès à présent, l’ANCT apporte aux petites villes de demain un soutien en ingénierie sur-mesure, adapté à leurs projets, et facilite leur accès à des financements pour des mesures ciblées, telles que la création de postes de managers de centre-ville, d’espaces France Services, de tiers-lieux numériques culturels, la rénovation énergétique des bâtiments publics, l’aménagement de plateformes multimodales et d’itinéraires cyclables, la restructuration et la réhabilitation des commerces ou encore le déploiement d’îlots de fraîcheurs et d’espaces publics plus écologiques. Le programme « Petites villes de demain » traduit bien l’ADN de l’Agence : celui d’accompagner les projets des collectivités territoriales dans une logique « cousu main », selon leurs choix stratégiques et selon leurs besoins.

RCL : La révolution numérique accélérée par la pandémie va transformer inévitablement les petites villes : quelle place a-t-elle dans le programme ?

C.C. : L’essor des nouvelles technologies et de nouveaux usages comme le télétravail ou la télémédecine a désormais ancré le numérique au coeur du quotidien de tous les Français et ouvre des opportunités nouvelles de développement pour les petites communes et les territoires ruraux. C’est pourquoi l’État mobilise dans le cadre du plan de relance 250 millions d’euros afin de rapprocher le numérique du quotidien des Français qui en sont le plus éloignés. Dans le cadre de « Petites villes de demain », des moyens conséquents sont alloués pour aider la numérisation des petits commerces et des TPE-PME afin d’accroître leur compétitivité et adapter leurs services aux attentes des consommateurs.

Une autre mesure phare de ce programme est le déploiement d’ambassadeurs du numérique pour accompagner les collectivités dans leurs projets d’inclusion et d’accompagnement des personnes éloignées d’Internet.

Dans ce cadre, l’ANCT est chargée par le gouvernement, en lien avec les collectivités territoriales mais aussi avec les entreprises et associations de l’économie sociale et solidaire, de former et de déployer 4 000 conseillers numériques partout en France. Ces conseillers numériques accompagneront les Français à la maîtrise et aux différents usages des outils numériques du quotidien, comme la gestion de leurs mails, la réalisation de leurs démarches administratives en ligne, ou la protection

de leurs données personnelles. L’État finance jusqu’à 50 000 euros par poste sur 24 mois et les conseillers numériques bénéficieront également d’une formation prise en charge à 100 %, personnalisée et certifiante, pour élargir leurs opportunités professionnelles. Dans cette même dynamique d’accompagnement, et dans le cadre du volet inclusion numérique du plan de relance, le gouvernement a souhaité la généralisation du service Aidants Connect d’ici à la fin de l’année 2021, en ciblant prioritairement les agents France Services.

Aidants Connect, c’est la possibilité pour un aidant de réaliser des démarches administratives en ligne « à la place de » via une connexion sécurisée. L’ANCT pilote le déploiement de ce service, qui se fera par vagues sur tout le territoire.

Enfin, l’inclusion numérique passe aussi par l’accès aux infrastructures. L’ANCT coordonne les programmes France Très Haut Débit et France Mobile, qui disposent de crédits conséquents, pour s’assurer que tous les Français disposent d’un accès Internet de qualité, par la généralisation de la fibre optique ou de la couverture mobile 4G.

RCL : Est-ce que ces mesures permettront de répondre au pacte républicain qui veut que l’égalité des chances soit uniformément distribuée sur tout le territoire ?

C.C. : Un sondage récent publié par l’IFOP en mai dernier montre que pour une majorité de Français, les inégalités entre les territoires se sont accentuées ces dernières années. Cette situation nous oblige à apporter des réponses concrètes sur le front de l’égalité des chances. C’est la mission première de l’ANCT : regrouper au sein d’une seule et même entité, de manière rationnelle et surtout efficace, des politiques ambitieuses pour réduire les fractures territoriales. C’est pourquoi l’ANCT mobilise toutes ses compétences et son savoir-faire pour permettre aux collectivités et à leurs habitants un meilleur accès aux services publics, à l’éducation, à l’emploi et au numérique, facteurs indispensables de cohésion sociale et d’équité territoriale.

Propos recueillis par Danièle Licata

 

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