Rennes Métropole lance le premier service public métropolitain des données

Pionnière dans le domaine de l’open data dès 2010, Rennes Métropole travaille à l’élaboration d’un portail Web (Rudi) intégrant un catalogue de données issues d’entreprises privées et d’organismes publics. Une initiative qui vise à faire de la gestion et du partage des données du territoire un service public à part entière.

Avec ce projet expérimental de plateforme collaborative nommé Rudi ((Rennes Urban Data Interface), dédiée au partage et à la réutilisation des données territoriales et élaboré en 2019 dans le cadre de l’appel à projets européen UIA (urban innovative actions), Rennes Métropole se positionne à nouveau comme territoire d’expérimentation et accélère le développement de sa politique d’accès aux données territoriales. Il s’agit de co-construire un portail Web pour favoriser l’usage de ces données par tous les partenaires du projet mais aussi par l’ensemble des citoyens rennais. « Avec ce service public métropolitain de la donnée, on ne se contentera plus d’ouvrir des données publiques et de les mettre à la disposition de tout le monde. Nous aurons un rôle plus actif vis-à-vis des différents acteurs du territoire qui produisent et utilisent des données, dévoile Simon Saint-Georges, chef de projet RUDI à la métropole de Rennes. Aujourd’hui et plus encore demain, tous les acteurs du territoire produiront des données dans le cadre de leur activité et probablement une grande partie d’entre eux utiliseront des données pour mener à bien leur activité, pour produire des services. Nous pensons que la collectivité a un rôle à jouer dans la manière dont ces données sont gérées, partagées et utilisées. » Ce projet est porté par Rennes Métropole et financé à hauteur de 5 M€ dont 4 M€ par l’Union européenne dans le cadre du programme UIA pour une durée de trois ans (2019-2022). Il est mené en collaboration avec douze partenaires aux compétences différentes : des producteurs de données engagés dans une démarche d’ouverture et de partage, des associations expertes des usages du numérique et de la collaboration, ou encore des laboratoires de recherche.

UN SERVICE AU BÉNÉFICE DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

Rudi est un portail d’accès et d’exploration des données du territoire qui s’adresse aux producteurs et aux réutilisateurs de données, qu’ils soient acteurs privés ou publics. Cette plateforme doit permettre à n’importe quel acteur du territoire de publier facilement ses données et de les rendre accessibles à d’autres acteurs. « Notre objectif est de leur mettre à disposition un logiciel open source, développé dans le cadre du projet, qu’ils puissent installer chez eux. Il leur permettra de publier des données dont ils garderont la maîtrise. Le logiciel comporte en effet des fonctionnalités capables de gérer le degré d’ouverture des données ; c’est un détail important pour attirer des acteurs qui ne souhaitent pas perdre la maîtrise de leurs données, explique Simon Saint-Georges. Associer les citoyens à cette démarche, c’est aussi le souhait de Rennes Métropole qui cherche à reconstruire un lien de confiance sur la question de données avec les habitants. « Aujourd’hui, ce lien de confiance est abîmé entre les habitants et les acteurs publics. Nous imaginons que demain les habitants puissent consulter, voire rectifier sur la plateforme des informations les concernant et que détiennent des acteurs du territoire ; un tel service aiderait à démystifier cette question des données personnelles. Ce serait aussi l’occasion pour les acteurs locaux de montrer qu’ils sont exemplaires sur les questions de respect de la vie privée et du RGPD ».

UN PROJET DE LONG TERME

L’année 2021 est consacrée à la réalisation d’un premier prototype, la version beta de Rudi. 2022 verra la mise en ligne de Rudi V1.0, résultat de trois ans de co-construction. Les enjeux sont multiples autour de ce nouvel outil territorial. « Nous voulons demain permettre à chacun de proposer des services numériques performants et respectueux de la vie privée et des valeurs du service public. Actuellement, nous posons le cadre, mais nous savons déjà qu’il s’agit d’un projet de long terme qui ne fera pas en trois ans. » Déjà, les partenaires envisagent sa prolongation au-delà de 2022.

Blandine Klaas

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