Reprise économique : les villes moyennes offrent un nouveau potentiel d’attractivité

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La reprise économique et les nouvelles habitudes de travail des Français ont une influence sur les dynamiques locales. Le Baromètre Arthur Loyd 2021 de l‘attractivité des métropoles françaises et de la résilience des territoires dessine la carte de France de la reprise.

Alors que 59 départements dépassent leur niveau d’avant crise, ce sont 23 départements qui sont moteurs de la reprise, et portent 60% des créations nettes d’emploi au 1er semestre en étant à l’origine de 258 100 postes supplémentaires selon l’étude, qui pointe une inégalité des territoires français face à l’embellie de l’emploi, avec pour locomotive les grands territoires urbains. La plupart des départements en question sont en effet le siège d’une métropole régionale de plus de 500 000 habitants : le Rhône avec Lyon, le Nord avec Lille, la Gironde avec Bordeaux, l’Hérault avec Montpellier, etc. Une performance ne doit rien au hasard selon Cevan Torossian, Directeur du département Etudes & Recherche d’Arthur Loyd. « 20 des 23 départements les plus dynamiques au 1er semestre 2021 figurent parmi les plus peuplés du pays. Une politique volontariste de préservation de l’appareil productif pendant la crise, couplée à une forte amélioration du contexte économique depuis le printemps 2021, entraînent ainsi un rebond exceptionnel des créations d’emplois. Les grands territoires urbains, aujourd’hui locomotives de notre économie très tertiarisée, sont bien au rendez-vous de la sortie de crise grâce à leur formidable capacité de rebond. »

La résilience des villes moyennes

« L’économie locale des agglomérations de taille moyenne, davantage tirée par la sphère dite présentielle de leur économie a permis d’amortir le choc : elles reposent davantage sur la production et la consommation locale, l’emploi public, la santé humaine, l’action sociale, les pensions de retraite, le tourisme, etc.. La crise du Covid a ainsi rebattu les cartes de la résilience des territoires, en démontrant la capacité d’adaptation des agglomérations de taille moyenne. » poursuit Cevan Torossian. Chiffres à l’appui, ces territoires ont enregistré, en pleine année de récession économique, la baisse de l’emploi la plus faible (-1,1% en moyenne) comparativement aux grandes métropoles (-1,9% en moyenne) ou aux zones rurales (-2,0% en moyenne). Certaines, telles qu’Angers, Bayonne ou encore Valenciennes ont même enregistré une hausse de l’emploi. Par ailleurs, certaines spécialisations économiques porteuses pendant la crise sanitaire ont limité les effets récessifs sur l’emploi de certains territoires : la logistique, le commerce alimentaire, ou encore les industries agroalimentaires et pharmaceutiques, activités essentielles en période de pandémie. A plus grande échelle, deux ensembles se distinguent pour leur résilience et capacité de rebond : la façade Atlantique et la plupart des territoires de la moitié sud de la France.

La capitale en perte de vitesse

Situation inédite, la reprise économique est plus forte en régions qu’à Paris, profondément marquée par la crise sanitaire et ce malgré tous les dispositifs de soutien aux entreprises déployés par l’Etat, selon l’étude. Aujourd’hui, le traditionnel moteur économique du pays et région la plus peuplée d’Europe fait encore partie des rares territoires toujours en convalescence. À la fin du 1er semestre 2021, on enregistre toujours un déficit de 42 280 emplois par rapport à la situation de la fin 2019 (Paris représente la moitié de ce volume). Un signal à ne pas sous-estimer « qui peut être un point de bascule important dans l’histoire contemporaine de la France, un pays jusqu’ici très centralisé. » souligne le directeur du département Etudes & Recherche d’Arthur Loyd. A l’inverse, la crise sanitaire et le télétravail ont poussé de nombreux salariés franciliens à quitter Paris pour s’installer en province où les prix de l’immobiliser sont nettement plus attractifs. La ville de Reims, par exemple, propose de coûts immobiliers divisés par 6 : 215 000 € en moyenne pour une maison individuelle dans son agglomération, contre 1 380 000 € à Paris. Quant au loyer des bureaux, l’écart se creuse encore, de 150 €/m²/an dans le quartier d’affaires de Reims, à 920 €/m²/an pour les meilleures adresses de Paris. « « La capitale reste un lieu incontournable… Sans que l’on soit obligé d’y habiter. Les Français se déplacent sur les grands axes de train autour de l’Île-de-France, le long des chemins de fer, à une heure de la métropole, analyse Jean Viard, sociologue. Ici, on se déplace “sur la voie de” : Angers, Laval, Reims… Par exemple, on va désormais vers l’Est qui est resté longtemps peu attractif. Ces villes qui n’étaient ni au bord de la mer, ni des pistes de ski, sont en quelque sorte revalidées ».

 

Les villes les plus résilientes après la crise ?

TOP 3 des très grandes métropoles

1 – Lyon

2 – Bordeaux

3 – Toulouse

TOP 3 des grandes métropoles

1 – Nantes

2- Genoble

3 – Strasbourg

TOP 3 des métropoles intermédiaires

1 – Brest

2 – Tours

3 – Clermont-Ferrand

TOP 3 des agglomérations de taille moyenne

1 – Valence

2 – Angoulême

3 – Niort

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