Villefranche-sur-Saône, Chambéry et Pau affichent leur dynamisme

La ville de Pau occupe la 3e place du palmarès des centres-villes les plus attractifs

Ces trois villes en tête du premier palmarès Mytraffic-Villes de France des centres-villes dynamiques se démarquent par leur résistance face à la crise sanitaire malgré deux confinements, un couvre-feu et des fermetures de restaurants et sites culturels.

« Ce palmarès illustre la montée en puissance des villes moyennes, et le programme Action Coeur de Ville y est pour quelque chose, en ciblant le logement, le commerce et le transport de proximité. Lancé par le gouvernement, sur une dynamique impulsée par les Maires, ce programme national est le plus puissant en faveur des villes moyennes depuis les années 70, affirme Caroline Cayeux, présidente de Villes de France, l’association représentative des villes moyennes, et maire de Beauvais. Les décideurs publics ont désormais pris conscience que l’avenir des coeurs de ville réside dans leur capacité à remplir plusieurs missions : on y consomme, on y habite, on s’y promène, on s’y cultive, on y étudie, on accède aux services publics. » Les 30 villes qui composent ce palmarès ont affiché entre mars 2020 et janvier 2021 un flux moyen équivalent à 76 % de leur niveau pré-Covid, une résilience due notamment aux effets rebonds observés à l’été 2020 mais surtout à des stratégies de long termes déployées par les municipalités. Et si la fréquentation piétonne est le révélateur plus global de l’attractivité des territoires, d’autres indicateurs de dynamisme expliquent ce regain d’attractivité : la reconcentration des activités, l’équilibre entre accessibilité et pacification du centre-ville, la rénovation du patrimoine historique, le management volontariste et des commerçants pro-actifs. « C’est en s’inspirant des bonnes pratiques que nous pourrons continuer à faire vivre nos centres-villes » conclut Caroline Cayeux.

Un flux moyen équivalent à 76 % de leur niveau pré-Covid

A Villefranche-sur-Saône, le centre-ville s’articule autour d’une grande artère commerçante de plus d’1km de long, la rue Nationale. La municipalité a rénové son mobilier urbain, mis en place une politique de stationnement favorisant la rotation et privilégie les programmes de construction dans l’IRIS central qui permettent de ramener les habitants vers leurs commerces de proximité. Actuellement, la ville développe un écoquartier à 200 mètres seulement du centre-ville. Privilégiée également la mixité des commerces, en acquérant ou en préemptant des locaux commerciaux. « Cette volonté politique permet l’implantation de commerces complémentaires, comme récemment une grande droguerie en centre-ville », explique  le maire de la ville Thomas Ravier. En plus des commerces, la Ville favorise les regroupements professionnels des activités médicales pour les encourager à s’installer ou se maintenir dans le centre. Le maire affirme que l’ensemble des décisions sont prises en concertation avec les élus locaux. Avec 2,5 millions de passages mensuels depuis mars 2020, la fréquentation du centre-ville (83% par rapport à la période pré-covid) se poursuit.

Deuxième ville sur le podium, Chambéry a fait le choix de maintenir et d’adapter les grands événements culturels, pour conserver l’esprit de convivialité locale. C’est le cas de la braderie annuelle, qui s’est transformée en vide stock pour les commerces du centre-ville et du Marché des Continents qui a été adapté pour tenir compte des consignes sanitaires. Cette année aussi, le marché de Noël a laissé place au marché des Créateurs afin de soutenir les producteurs locaux. Dans cette même volonté de soutenir dynamiser son centre-ville, la municipalité a annulé des loyers commerciaux et mis en place des formations à la numérisation, organisé la reconquête des cellules vides et des logements vacants en centre-ville. La fréquentation se maintient à 72% par rapport à la période pré-covid.

Pour rendre au cœur de Pau son attractivité, la ville a misé sur la rénovation 350 des 500 façades du coeur de ville, encouragé les commerçants à rénover leurs vitrines en pied d’immeuble via des subventions et rénové les bâtiments publics culturels. La ville a aussi installé une large promenade paysagère, le Hédas, qui s’étale sur 2km dans le centre-ville. « Nous avons fait un très gros travail sur la propreté et l’effacement de tous les tags, la sécurité, l’esthétique et le caractère vert de la ville » explique le Maire. Et pour faciliter les déplacements vers le centre-ville, une ligne de bus à hydrogène a été inaugurée, un plan vélo mis en œuvre assorti à un nouveau plan de circulation et les parkings réorganisés. Résultat : la ville a su préserver 81% de son flux par rapport à la période pré-covid.

 

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