15 structures et associations engagées pour la transition écologique du bâtiment s’unissent au sein de l’Alliance éco-matériaux. Leur objectif : accélérer le développement des filières de matériaux de construction d’origine bio ou géosourcée. Aujourd’hui, ces matériaux faiblement transformés sont encore peu utilisés. Pourtant les filières sont opérationnelles, estime le collectif, et peuvent significativement contribuer à la décarbonation du secteur, tout en apportant de multiples co-bénéfices à la collectivité : santé publique, préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, développement économique des territoires et emplois locaux.
Le secteur du BTP est cité comme le premier gisement de décarbonation en France à court terme : « il est fortement émetteur, et surtout, les solutions techniques pour construire, rénover ou exploiter bas carbone sont connues et ne nécessitent pas de révolution des modes de vie, comme cela peut être le cas pour les transports ou l’alimentation. » Le premier enjeu étant la rénovation du bâti, qui permet la réduction des consommations d’énergie pour chauffer ou rafraîchir les bâtiments, et qui fait l’objet de politiques publiques ambitieuses depuis de longues années. Un autre enjeu, selon le collectif, réside dans la décarbonation des chantiers de construction et/ou de rénovation, liée notamment au choix des solutions constructives, dont l’impact carbone peut varier de 1 à 10 selon les matériaux choisis. « La paille, le chanvre, le bois, la terre sont ainsi des matériaux renouvelables, utilisés bruts ou peu transformés, qui ne font appel ni à des ressources fossiles, ni à des processus de fabrication énergivores. Ils émettent donc très peu de carbone. Mieux encore, ils le stockent. »
Les membres de l’Alliance éco-matériaux indiquent également qu’au-delà de leur impact carbone très faible, « les matériaux d’origine bio ou géosourcée disposent de qualités hygrothermiques particulièrement intéressantes pour la rénovation du bâti ancien, en limitant notamment les risques d’humidité et de moisissure, dommageables pour la pérennité du bâti comme pour la santé des occupants. » Enfin, ils voient dans les écomatériaux la possibilité de fournir aux territoires, notamment ruraux, de vraies opportunités de développement. Ainsi le Parc Naturel Régional du Gâtinais, dans le sud de l’Île-de-France, a développé avec succès une filière chanvre. Initiée au départ pour préserver la qualité des nappes phréatiques, la culture du chanvre par rotation permet aussi aux cultivateurs de régénérer les sols, car cette plante rustique n’a besoin que de très peu d’eau et pas d’intrants. Le développement de cette culture, historiquement très présente en France, a permis au Gâtinais de structurer une filière avec la création d’un outil industriel qui produit des matériaux destinés au textile ou à la construction, et à assurer la montée en compétence des artisans locaux dans la mise en œuvre du béton, des enduits ou de la laine de chanvre sur leurs chantiers.
Les membres de l’Alliance
● As Terre : Association nationale des professionnel⸱les de la Terre crue ● AICB : association des Industriels des matériaux de construction biosourcés ● Cluster Robin.s : Cluster Construction Bois & Biosourcés de Bourgogne-Franche-Comté ● Conseil National de l’Ordre des Architectes ● Construire en chanvre ● Echobat : réseau d’acteurs économiques impliqués dans l’écoconstruction solidaire ● Fédération Ecoconstruire : fédération des organismes de formation en éco-construction ● Ekopolis : pôle de ressources francilien pour le bâtiment et l’aménagement durables ● Fédécomat : fédération des négociants en éco-matériaux ● Fibois France, le réseau des interprofessions régionales de la filière forêt bois ● France Bois Forêt : interprofession nationale de la filière bois-forêt ● Mouvement pour une Frugalité heureuse et créatif ● Réseau Français de la Construction Paille ● Permabita ● Interchanvre