
Les violences sans limite qui se sont déchaînées le 17 octobre, à Limoges avec l’incendie de
la mairie, à Marseille, à Paris, à Bordeaux, à Lyon, à Grenoble, à Lille, à Nantes, à Calais, en
Avignon, et dans tant d’autres communes, ne sont pas des débordements de fin de
manifestations.
Ces actes très graves ont été prémédités et leurs auteurs, qu’ils soient des
« ultras » politisés ou des casseurs venus s’en prendre aux commerces, sont dangereux,
organisés, armés, déterminés.
Maires, conseillers municipaux, agents du service public, nous nous engageons tous les jours
pour faire vivre nos communes dans la paix et l’unité. Nous sommes aujourd’hui écœurés et
révoltés.
Nous exprimons notre reconnaissance aux services de secours et aux forces de l’ordre. Ils ont
lutté sans relâche contre les groupes violents avec des moyens largement insuffisants, parfois
au péril de leur propre sécurité.
Nous disons notre solidarité aux commerçants et aux habitants, face aux actes de vandalisme
ignobles et aux pillages de leurs biens. Nous les soutenons dans ces heures difficiles pour la
reprise de leur activité.
Nous disons notre solidarité à tous les maires et élus locaux qui ont dû faire face en première
ligne à ces faits, ainsi que tous les agents communaux qui se sont mobilisés dès la nuit de
samedi à dimanche pour réparer des dégâts.
Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des
actes qui vont bien au-delà du symbole. C’est une attaque organisée contre ce que nous avons
en commun de plus précieux : la paix civile et nos libertés publiques fondamentales.
Les violences du 17 octobre ont porté une atteinte grave à la liberté d’expression et celle de
manifester, que les manifestants ont souhaité exercer, eux, en respectant l’ordre public. Elles
éclipsent les messages qu’ils ont souhaité porter.
La condamnation absolue de ces actes, bien qu’indispensable, est loin de suffire à la paix
civile.
La responsabilité de l’exécutif est de garantir le retour à l’ordre public. Les événements du 17
octobre ont marqué l’échec de la doctrine d’emploi des forces de l’ordre et montré l’insuffisance
criante de leurs moyens d’intervention. Il faut changer la doctrine d’intervention et leur donner
réellement les moyens d’agir sur le terrain. Il est aussi indispensable que le travail des services
de renseignement soit pleinement exploité, afin de prévenir les infiltrations de cortèges par
des individus dangereux, et de procéder aux interpellations en amont de la manifestation. Le
Association des Maires de France et des Présidents d’intercommunalité
Premier ministre doit répondre aux demandes de rencontre qui lui ont été exprimées par les
maires.
La responsabilité de l’autorité judiciaire est de sanctionner les auteurs à la mesure de la gravité
extrême de leurs actes.
La responsabilité de toutes les forces politiques, sociales et syndicales est de condamner sans
réserve ces agissements et de tout mettre en œuvre dans les prochaines semaines pour
participer au nécessaire apaisement dont le pays a besoin. Il est essentiel que la violence ne
vienne plus empêcher l’expression d’aspirations sociales dans un pays en tension.
La responsabilité des habitants et de ceux qu’ils ont élus est de se lever contre ces actes qui
nous menacent tous et de dire « stop ». Nous devons mobiliser la force civique de notre pays,
bien plus puissante que ceux qui sèment le chaos. Les maires y contribueront autant qu’il le
leur sera possible.
Maintenant, place aux actes et au rétablissement de l’ordre républicain
